« Sujet libre »

Ajouté le 29/9/2010

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Marseille le 10 Mai 2013,

J'adore ma petite fille Coraly. Elle a onze ans, belle, intelligente, dégourdie, responsable. Pourtant un matin, en allant au collège, elle amena avec elle, sa petite tortue prénommée « Pascal ». Coraly, avait pensé qu'elle s'ennuierait, toute la journée, seule à la maison. Elle avait alors décidé de l'amener avec elle à l'école. Elle lui tiendrait compagnie et, ainsi passeraient ensemble la journée. Madame Le Laugic son professeur de français, accepta Coraly et, avec résignation, sa petite compagne. En fait, tous les élèves se réjouirent de la nouvelle venue. Le programme de la classe, fut bien sûr, bouleversé, à la grande joie des élèves et fut remplacé, à cette occasion, par une étude complète des reptiles, essentiellement axée sur les tortues, terrestres et marines...

La journée se passa ainsi agréablement, sur l'enseignement de cette espèce, les soins, l'alimentation, les maladies, le comportement, la reproduction etc...

A 15 heures30, les élèves quittèrent l'établissement à part Coraly. Si la classe s'était déroulée studieuse et sans incident, il en demeure pas moins que Coraly s'est vue infligée d'une sévère punition au motif : « introduction au collège, d'un animal sans autorisation préalable »

Elle a donc été priée, de copier, dix fois le texte intégral de Pascal (selon le modèle ci-dessus), dans un délai de quinze jours!!!

Désemparée, Coraly m'a demandé de l'aider, ce que je ferai très volontiers. Mais, compte tenu de la courte échéance, à mon tour je fais appel à vous, mes amis lecteurs et lectrices, à votre générosité, pour aider Coraly. Chacun de vous, devra copier un exemplaire du texte. Une fois terminé, merci de m'adresser en urgence, vos copies. La punition complète, doit être remise au Professeur le Lundi matin 27 Mai 2013!!! Pour Coraly, merci à vous!!!

Le 27 Mai au matin, Coraly remit son entière punition à Mme Le Laugic, celle-ci, sans vérifier, jeta l'ensemble à la poubelle. Puis pria Coraly de reprendre sa place.

Coraly est belle, intelligente, dégourdie, responsable, et surtout pas idiote. Ecrire dix fois le texte de Pascal, en quinze jours, même en punition, mérite, selon elle, une certaine reconnaissance, du respect même, suivi de félicitations grandement méritées voire, un émerveillement à récompenser!

Comme si rien était, Le professeur commença le cours tandis que Coraly jura de bien se venger.


-O-


Avant de frapper, Coraly colla son oreille à la porte, et entend son frère Floryan :

-«  Le nombre de cas possible est C 2 sur 52. Le nombre de cas favorable est C 2 sur 4 ( c'est à dire le nombre de manières de tirer deux as parmi les quatre).

Ainsi la probabilité cherchée est :

C2/4 sur C2/52 soit 4x3 sur 52x51 = 1 sur 13 x17 = 1 sur 221 soit : 0,004,5!!

la porte s'ouvre doucement.

-« Qu'est-ce que tu fais là interpelle Floryan en soulignant de trois traits, le résultat final ».

-« Oh, tant pis pour tes calculs de probabilité, mais j'ai besoin de toi! »

-« Tu le sais que j'ai horreur qu'on me dérange! »

-« Tu es bien venu dans ma chambre prendre ma gomme! »

-« Oui et alors il y'a deux jours tu m'as bien pris mon double décimètre ! »

-« Parce que tu m'avais pris mon stylo jaune et noir! »

-« Et mon livre que tu m'as rendu déchiré, je vais le dire à maman! »

-« Et moi à papa, pouet-pouet !!! »

-« Bon çà va, qu'est-ce que tu es venu faire dans ma chambre? »

Coraly expliqua à son frère ses démêlés avec Mme Le Laugic son professeur de Français, et son grand souhait de se venger. Ils finirent par se mettre d'accord, à une condition.

-« Tu m'aides pour mon devoir de rédaction demande Floryan! »

-« Ok mais juste un simple brouillon! »

Vous l'avez compris, Coraly excelle dans la littérature tandis que floryan, est exceptionnel en maths.


-O-


Le jeudi suivant au collège, c'est au tour de Coraly de lire son devoir de rédaction. Elle a choisi, le « sujet libre »


Coraly debout, près du Professeur, se tient droite, légèrement intimidée. Elle sourit à la classe entière et, d'un ton calme et assurée, lit son devoir de rédaction:


Un jour, en pleine nuit, je me suis trouvée, perdue en pleine forêt complètement désorientée et assez désappointée. Dans cette nuit d'encre, je me faisait un sang d'encre. Quelle direction choisir?

-« Reste en ces lieux et plonge toi dans le sommeil si tu as trop à attendre, me dit une voix! »

-« Qui que tu sois, je n'ai pas envie d'attendre en dormant moi!

-« Le jour, le jour, toujours le jour, je vais te dire des choses. Le jour, tu penses que tout est soleil et couleurs, et bien non, des créatures invisibles, aux visages hideux et blafards s'agitent autour de toi. Leur seul désire est de mordre ou griffer. Ils souhaitent surtout prendre ton corps et ton apparence pour se libérer, mais il ne peuvent pas car ton corps est protégé, comme tu le sais, par l'enveloppe divine. Mais il arrive que certains monstres parviennent à percer cette enveloppe et là, tu es en leur possession pour toujours, ton cerveau ne répond plus et la méchanceté s'installe en toi, pour défigurer ton esprit et rider ton corps!

« Tandis que la nuit.., tu sais toujours, sans affaiblissement de l'esprit ce que tu fais et ce que tu penses....!

Madame Le Laugic, interrompt sauvagement Coraly .

-« Arrêtez, arrêtez, stop, ne dites plus rien!

-« Mais, Madame, je n'ai pas terminé, s'étonne Coraly!

-« C'est bien assez ainsi, Vous n' honorez pas la mémoire de René Descartes, mais la salissez. Je vous rappelle que son esprit caractérisait la rigueur rationnelle, par une méthode infaillible, inspirée des mathématiques, le saviez vous...? »

-« Je salis rien Madame, c'est simplement ma version personnelle du « jour contre nuit »!

La classe est silencieuse et attend.

-« Vous aurez un deux, Mademoiselle, pour ne pas vous mettre un zéro!

Il s'en suivit, un grognement de mécontentement parmi les élèves.


-O-


Jeudi soir dans la chambre de Coraly.

-« T'imagines, un deux en rédaction, quelle vache, une vraie cartésienne Mme Le Laugic, elle porte bien son nom elle. Alors çà y est, tu as tout? »

-« J'en ai pris quatre, répond Floryan! »

-« Mon Dieu, qu'elle sont mignonnes! »

-« Tu les as trouvée où? »

-« A Sormiou, dans une grotte. Je me suis tout écorché en les récupérant. Bon voilà c'est terminé, je file aux allées Albéniz et toi pendant ce temps, tu fais ma rédac! »

-« Ok, et ce sac, c'est quoi? »

-« Une autre surprise, allez j'y vais! »

-« Attends, et si tu mettais quelques pétards? »

-« Non surtout pas, çà deviendrait trop rationnel! »

La nuit est largement avancée. Sur son vélo, Floryan parcourt les allées Albeniz silencieuses, puis s'arrête au N°53. Prudemment, Floryan s'approche de la porte d'une villa puis s'accroupit à hauteur de la chatière. Il dénoue les sacs, décale le rabat de la chatière et verse le contenu des sacs dans l'ouverture. Une fois fait, floryan reprend son vélo et s'en va.


-O-


Le vendredi après midi au collège, Coraly ne fut pas exagérément surprise de remarquer plusieurs groupes d'élèves, discutant comme de vrais commères dans la cour. Je parierais, songea-t-elle, que le sujet de conversation est Mme Le Laugic, le professeur de français. Serait-elle absente?

Un des groupes d'élèves accourent à la rencontre de Coraly.

-« Tu ne sais pas, il paraît que Le Laugic est devenue folle! »

-« Comment çà, s'étonne faussement Coraly? »

-« Cette nuit, elle criait tellement fort qu'elle à réveillé tout le quartier. Une vraie furie, elle racontait à tous, ce quelle à vu, dans sa chambres. Des chauves-souris horribles qui grinçaient et qui l'a mordaient pour lui sucer son sang. Elle voyait des visages hideux et blafards qui voulaient percer son enveloppe divine pour la posséder, elle à vu aussi des gnomes avec des têtes de crapauds, sauter sur son lit en coassant furieusement...! »

« Bref, les pompiers sont venus en pleine nuit, la police aussi et une ambulance. Tellement elle s'agitait, ils l'on amenée à l'Émeraude la clinique psychiatrique! »

-« Vous croyez qu'elle en a pour longtemps, demande Coraly compatissante? En tout cas, son ami Descartes, doit être tout en saccade dans sa tombe!! »

J'adore mes petits enfants, ils sont beaux, intelligents, drôles, inventifs, pleins d'ingéniosités, perspicaces, fraternels, enfin ils sont tout en âme...

F I N

 










 



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Le festin des muchas

Ajouté le 4/4/2010

Rose

Tout à commencé en Avril ou Mai, je ne sais plus. C'était en fin d'après midi, à moins que ce fut le soir ou l'après soir, en tout cas, çà s'est passé alors que je m'étais mis au lit, autrement dit, à 22h50 comme affiché ce soir là, sur mon radio réveil.

J'étais dans mon lit, les draps remontés jusqu'au menton. Comme chaque soir, j'avais ce sourire de satisfaction, comme chaque fois, lorsque je me mets au lit, et me couvre de draps frais, parfumé au lys blanc. Là, j'éprouve enfin un grand soulagement, comme me débarrasser du lourd fardeau de la journée, pour une longue nuit à rêves, sur fonds de ronronnements mélodieux.

A peine avais-je fermé les yeux, quand j'entendis, très distinctement une sorte de plainte venant du couloir, comme un gémissement qui fut, ni long ni bref, en tout cas, difficile à imiter. Je me suis relevé, sur mon lit pour mieux entendre et là, çà recommençait. Une plainte plus forte et plus longue. Je ne savais pas exactement, d'où provenait ce bruit, Mais il ne pouvait venir que du débarras.

Un frisson de crainte parcouru mon corps, mais aussi une envie de curiosité. Il fallait s'en assurer. J'allumais ma lampe de chevet et me leva. Le bruit venait à coup sûr du débarras. Il s'agit d'un réduit étroit et long de cinq mètres qui longe tout le couloir. Cet endroit sert, à la fois de penderie et d'emplacement de toutes sortes, linges, valises, cartons, affaires personnelles etc...

J'éclaire le couloir et ouvre brusquement, la porte du débarras. Dans la demi obscurité, je regarde dans les coins et sous le réservoir du chauffe eau, mais rien de suspect. Pas le moindre bruit ou craquement. J'allais refermer, quand, j'entendis à nouveau cette sorte de gémissement, plus fort et plus net, un son plaintif, qui fait frémir. Çà ne venait donc pas du cagibi, mais des toilettes, juste à côté. J'ai ouvert celles-ci, puis écouté, deux, trois minutes mais rien.

Sans plus tarder, je me suis remis au lit. Les gémissements ont repris le lendemain.

C'est ainsi que depuis plusieurs mois, ces bruits, accompagnent mes journées, du matin au soir et parfois la nuit. Un habituel familier, auquel je me suis finalement adapté. Ces bruits étranges, indéfinissables et inimitables, ont toujours la même provenance, à quelque chose près, derrière la cuvette des toilettes. J'ai eu beau chercher, inspecter, chaque centimètres carré de cette cuvette, jusqu'à la canalisation, mais rien d'anormal, aucune trace ni indice. La cuvette entière est en bon état, aucune fissure ou joints défectueux.

Ces bruits qui ressemblent à des plaintes, se manifestent, principalement le matin, les après midi et le soir. Les gémissements sont imperceptibles ou, parfois, assez fort au point de me réveiller la nuit.

Il arrive aussi que les bruits disparaissent pendant plusieurs jours, puis un beau matin ils reprennent. Alors, quand j'use des toilettes, je me surprends à parler tout haut à la cuvette : « Tiens te revoilà ?  Alors, où étais-tu passé ?  Tu me fais la gueule ? » ou encore, dans des moments d'agacements, « Et puis, qu'est-ce que tu fout dans les toilettes, à gémir...? »

Il, (je l'ai surnommé « il ») ne répond pas bien sûr, mais il est là, et finalement, petit à petit je familiarise avec « il » Au point de tenir avec lui des conversations, même si ce n'est qu'à « voix » unique. Je suis le seul occupant de cette maison, et je doit dire que « il » me fait du bien, lorsque j'entends ses gémissements, je me sens moins seul. Mais, pourquoi des plaintes et pourquoi principalement dans ces chiottes?

Un soir, j'ai laissé pour la nuit, sur le carrelage, une feuille de papier et un stylo, croyant qu'il se manifesterait, sous quelques formes que ce soit, mais en vain. Les jours et les nuits passent.

Un Jeudi matin, de Mai 2013, alors que j' étais assis sur la cuvette, celle-ci s'est mise à trembler légèrement. La surprise fut grande, et la sensation effrayante. Comment pouvait-elle bouger ainsi? Je réalisais que çà ne pouvait être qu'un...

-« Un...Un tremblement de terre, fis-je affolé ! » je me levais précipitamment et couru dans le salon, j'ai regardé par la fenêtre. Tout avait l'air tranquille, les maisons voisines étaient toujours là, bien en place, et mon voisin, Charles Labinetterie, bêchait toujours son jardin. Autrement dit, ce n'était qu'une fausse alerte, j'étais rassuré.

Je remis de l'ordre dans mes vêtements et, alla saluer Charles. Je lui fis part de ce que j'avais ressenti dans les toilettes. Il parut nullement étonné. « Les muchas, me dit-il, il n'y a que çà! » puis ajoute « Allez voir La Bricole, il a la solution à çà! ».

Avec Charles le taciturne, j'en saurai pas plus. Je retourne chez moi. Dans les toilettes, la cuvette ne tremblait plus, mais, il y avait au fond, comme un bouillonnement, j'ai actionné la chasse, ce que je n'avait pas fait avant. Quand soudain un jet de matière fut expulsé hors de la cuvette avec un bruit de colère où se mélangeaient plaintes et gémissements.

-« Merde c'est quoi çà? »

J'ai aussitôt reculé et impuissant j'ai alors assisté à une véritable éruption des matières. Une épouvantable pourriture sortait de la cuvette en une puissante vomissure molle et compact qui n'en finissait plus. En tout cas, largement suffisante pour enduire, sur une épaisseur de trois centimètres, les murs, le plafond et le carrelage, avec çà et là, des millions d'asticots. Une incroyable odeur s'est répandu à travers la maison. Le rejet dura trois bonnes minutes.

Chez La Bricole, la vendeuse me reçoit derrière son comptoir. Je lui raconte les faits qui me sont arrivés chez moi. Je la vois grimacer et a une réaction de recule, mon histoire lui paraît invraisemblable et surtout merdeuse. Elle appelle son patron à l'aide qui me reçoit à son tour, dans son petit bureau.

Après une poignée de main, mollasse et froide, Il se présente : « Mr Charles Lebaillasson, propriétaire et patron de « La Bricole ». Il me prie de m'asseoir puis me dit :

-« Je vous écoute ! »

Mr, Charles est petit de taille et sec comme un gisclet, il doit avoir les soixante dix ans. Sa tête est quasiment chauve et bronzé, son visage est fortement buriné à croire qu'il a passé tout sa vie au soleil, sur un bateau. Ses gestes, son attitude, inspirent la malice et la ruse mais aussi la sagesse d'un vieil indien.

Sans rien oublier, je lui détail l'affaire. Après un silence de réflexion, sa tête osseuse et chétive se rapproche du mien, sa peau, son crane sentent le rance. Il prend une bonne inspiration et avec une voix de bique il me dit :

-« Avez vous une seule fois imaginé ce qu'endure un cuvette de WC, ce qu'on y verse, ce qu'on y entasse jour après jour ? »

« Et oui Monsieur, je vais vous le dire, c'est un grand nombre de papiers, cotons, poils et cheveux, préservatifs usagés, tampons sanglants et bien sûr, matières fécales avec ou sans sang, urines, crachats, vomissures, et bien d'autres choses répugnantes... Mais vous avez bonne conscience car vous pensez qu'en actionnant la chasse d'eau, toutes ces horreurs vont disparaître comme par enchantement. J'ai omis de vous dire, outre ces choses repoussantes, vous faites subir, en plus, à votre cuvette vos bruits, vos odeurs et surtout la vue! ».

« Et bien non! Faut pas venir vous plaindre si les matières, à la longue, se révoltent et reviennent au point de départ. Oui Monsieur vos WC souffrent, se plaignent, gémissent, et pleurent parfois. Votre cuvette est malade! »

Mr. Charles, Lebaillasson, reprend son souffle, il s'accorde une pause.

-« Oui bien sûr, lui dis-je navré, je ne voyais pas çà comme çà. Mais, sinon vous avez une solution?

-« Les muchas, il n'y a que çà. Je vais vous donner une boite de cinquante! »

S'apercevant de mon étonnement, il ajoute :

-« il s'agit de mouches Ethiopiennes, vous les lâchez dans vos toilettes et vous laissez faire trois quatre jours, cela dépend !  En attendant, pour vos besoins quotidiens, nous avons ici, des vases de nuit de toutes tailles et joliment décorés! »

« Une dernière chose concernant les muchas. Sans que vous vous occupiez de quoi que ce soit, ces bestioles une fois, la cuvette et vos murs nettoyés, instinctivement elles se dirigent, via la tuyauterie, vers votre fosse septique et la, elles vous la nettoient et vous la rende comme neuve! »

Après un merci-pour-tout, j'allais quitter l'inlassable Charles, mais il me retient et me fait remarquer du bout de son index, un petit poème au dos de la boite :

-« Après vos besoins, n'oubliez pas de remercier votre cuvette comme si vous deviez remercier le ciel! »

Dehors, au volant, de mon véhicule, j'ai remarqué dans mon rétroviseur, le vieux Charles sorti de la Bricole et me faire de grand signe comme pour me donner un dernier conseil, une dernière recommandation, Mais j'ai préféré continuer ma route.

Revenu à mon domicile, J'ai garé volontairement mon véhicule à 50 mètres de l'entrée. L'odeur fécale s'était déjà répandue sur les lieux voisins. Charles Labinetterie, bêchait toujours son jardin, il portait une serviette sur le nez, façon brigand du Far West. Quand je l'ai croisé, je lui ai montré triomphant, la boite de muchas, mais il m'a ignoré.

A l'intérieur de la boite çà bourdonnait sauvagement. Les muchas sentaient venir le gueuleton. Dans le couloir, j'ai, par maladresse, fait tomber la précieuse boite, j'ai été stupéfait de la voir sautiller seule sur le sol, et se diriger vers les toilettes. Ensuite, je n'ai fait que ouvrir la porte et la refermer aussitôt! J'ai collé mon oreille pour écouter et là, comme dans la boite, çà bourdonnait furieusement, avec des bruits de déglutitions.

Satisfait, je me frottais les main, tout à fait comblé.

« Il n'y a plus qu'à attendre me suis-je dis ! »

Un jour passe puis deux, puis enfin mon troisième jour d'attente. Si le besoin de pisser n'a pas été un problème pour moi, à l'inverse, çà n'a pas été le cas pour aller à la selle. En effet n'ayant pas de récipient de nuit, j'ai dû, en m'aidant de médicaments et à la limite du malaise, j'ai dû, dis-je, me serrer les fesses. Ce jour-là, était le délai maximum à supporter. Tous les deux minutes j'allais écouter à la porte des WC et miracle, cette dernière écoute fut la bonne, plus aucun bruit. Avec précaution, j'ai à peine ouvert la porte, puis, confiant, l'ouvris entièrement. La pièce des WC, ainsi que la cuvette étaient nickels, agréablement propre voire reluisante. Plus une seule saleté, l'odeur s'était dissipée, et les mouches envolées. Sans aucun doute, les muchas dévorantes, sont allées envahir la fosse, après avoir bien débarrassé les murs.

Aussi, sans attendre et après engloutissement de suppos à la glycérine, je soulage enfin mon bas ventre, qui avait sérieusement durcit :


« Adieu merde cherie

Pour un instant

Tu as été ma vie, mon égérie

Sans douleur et ruisselante

Tu arrives ramollissante

Dans cet écrin douillet

Je te rends ta liberté ! »


Toujours assis sur ma cuvette, à me débarrasser de mes emmerdes, il me semble entendre soudain, venir du fond des canalisations, un bourdonnement sauvage, pareil à une cavalerie en chasse. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, je me levais rapidement de mon trône et là, une nuées de muchas d'une grosseur démesurées, déboulent toutes menaçantes du fond de la cuvette, et s'en prennent, férocement, à mes fesses.

Là, Charles Labaillasson patron de la bricole aurait pu m'avertir que les muchas, une fois leur travail achevé, s'agripperaient à mes partis les plus charnues, au point de me prendre pour une merde.

Je ne vous décrirais pas la suite mais je vais vous dire, les muchas et moi, sommes devenus depuis, comment dire..., cul et chemise. Elles ne m'ont plus quittées. Je leur ai fabriqué une cage plus grande, et les loue comme nettoyeuses, à des personnes qui ont des problèmes de refoulement.

Si vous êtes concernés...!!

Quoi qu'il en soit, les muchas après leur va-et-vient aux toilettes, « il » ne s'est plus jamais plaint. Je vous assure.


Lucien Ruth                                               F I N










Tags : muchas

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C’est décidé, ce matin je cours !

Ajouté le 13/3/2010

Evelove


-« Une merveilleuse journée commence, pour Evelove. Dehors, le ciel est tout azur, avec une verdure immense et généreuse sur 360°. Ce matin, les chants multiples de la nature et ses odeurs pastorales l'enchantent.

Et bien pensa-t-elle, voilà, c’est un jour comme celui-ci que je choisirai pour mourir. Sans deuil et sans prière. Avec juste cette image de la nature belle et entière ! »

« Dans l’immédiat, ce n’est pas du tout mon but, bien au contraire. C’est décidé, ce matin je vais jogginer, dans ce merveilleux parc, aux milieux d’arbres centenaires où serpentent, ruisseaux et cascades et à la végétation luxuriante ! »

Evelove, laissa grande ouverte la fenêtre de sa chambre, son lit restera défait et ses affaires en désordres. Elle alla dans la salle de bain et fit un brin de toilette. Enfila juste un ensemble sportwear gris clair, mis à son cou, sa montre en sautoir. Elle descendit le premier étage et ouvrit la porte d’entrée. Là, en extase, elle respira, plusieurs bouffées de grand air, en s’étirant, heureuse comme une chatte et en remerciant le ciel.

« Allez, je vais vers le sentier des grands arbres se dit-elle ! »

Elle s’en alla légère, avec des mouvements aux rythmes gracieux et pures, ses longues jambes belles et fines foulent le sol, telle une gracieuse mécanique.

Ce matin elle se sent jeune et jolie et gourmande de vie. A chacune de ses enjambées, elle savoure égoïstement, les milles et une essences du parc. Elle halete à peine, avec un bruit d’effort soutenu, voire musical. Evelove est belle, sauvagement nature.

Heureuse, elle longea, le ruisseau, bordés d’eucalyptus. Brusquement, son pied gauche heurta une racine et elle perdit l’équilibre, voulant se rattraper, elle alla ainsi, de trébuches en trébuches, s’affaler dans le ruisseau. Rien de cassé, mais tout en salissure. Débardeur et pantalon, trempés et en boues, sautoir brisé, mais aussi, visage, cheveux et mains souillés.

Elle pesta de rage en jurant comme un charretier, s’en prenant à mère nature et à ses pièges. En un instant elle passa d’un bonheur parfait, à une cruelle déconvenue, crachant autour d’elle et à haute voix, une cascade d’injures, à tout l’environnent. Le sentier, l’arbre, la racine et le ruisseau. Tous, étaient les responsables directes de sa chute humiliante et de sa très prochaine et vraisemblable mauvaise humeur qui n’en finira pas.

Elle se releva rageuse et en boue.

-« Heureusement, personne ne m’a vu, pensa-t-elle ! »

Ses vêtements sont défaits et souillés, sa chevelure méconnaissable. Mal à l'aise, elle reprit, pas à pas, le chemin du retour en rasant les arbres, cherchant l’ombre et l’épaisse végétation. Lorsque soudain, elle entendit une voix d’homme.

-« Puis-je vous aider ? »

Sans savoir d’où venait cette voix, elle répliqua sèchement que non ! Qu’en aucune façon elle avait besoins d’aide, qu’elle s’en sortira bien toute seule, qu’il veuille bien, sans insister, passer son chemin.

-« Comme vous voulez répliqua l’inconnu ! »

-« Mais qu’est-ce que je fous là, dans cette forêt de merde se répétait-elle, coléreuse ! »

Elle entendit l’inconnu s’éloigner. Là, elle s’aperçut qu’il s’agissait d’un superbe cavalier sur sa belle monture. Le garde forestier sans doute.

Les larmes aux yeux et rouge de colère, elle jura avec fureur.

-« Quelle triple conne je suis ! »

Il y a des jours où on ferait mieux de rester chez sois.

F I N

Lucien Ruth

Tags : Parc

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